Le pont

ORIGINE DU PONT DE BORAN

Quelle est l’origine de ce passage sur l’Oise ?

Une monographie sur cet ouvrage écrite en 1905 par mon arrière grand père Edouard Ménard à la fois instituteur et secrétaire de Mairie à Boran nous apporte quelques réponses…

« Le passage de l’Oise à Boran se faisait autrefois au moyen d’un bac qui suppléa au pont construit plus haut pendant l’occupation romaine. Selon toute probabilité ce bac se situait en face de Morancy dont la forteresse fut démantelée sous le règne de Louis XI.

Ce passage du bac sur la rivière était utilisé par les habitants pour passer leurs instruments aratoires, leurs voitures attelées et chargées de fumier ou de récoltes et leurs bestiaux afin de les faire pâturer dans les marais. La dame de Rosières de Boran détenait ce droit de passage et recevait alors un fermage.

Quand en 1758, la paroisse du Lys fut supprimée, son territoire fut réparti entre Lamorlaye, Asnières qui reçut

Royaumont et Boran qui eut les marais de Thève et quelques bois.

Sur un plan de l’intendance de 1785, le bac est indiqué en face du parc du château. En l’an II de la République, le bac fût affermé au citoyen Jean Fanfarre par le district de Senlis.

Des travaux importants de réparation furent alors engagés par la commune pour assurer le passage vers Senlis et Chantilly cela jusqu’au 31 mars 1841, époque à laquelle le bac fut remplacé par un pont suspendu en bois.

L’idée de construire un pont avait été soulevée au commencement du 18ème siècle par le duc d’Orléans, régent de France qui venait fréquemment à Royaumont et à Boran. Ce projet fut ajourné, un siècle s’écoula avant qu’il fut repris.

L’adjudication des travaux fut passé au profit de Monsieur Donatien Marquis, propriétaire à Chambly et il obtint la concession d’un droit de péage pendant quarante neuf ans.

La construction du chemin de fer et celle du chemin de halage causèrent un préjudice aux concessionnaires qui

demandèrent en vain une prolongation de leur péage auprès du Conseil municipal..

Vers 1853, le pont, dont la lourde et volumineuse charpente s’affaissait et la résistance des tiges de fer articulées jugée trop faible, fut démonté. Celles ci furent remplacées par des câbles de suspension et de tension métalliques à goudronner fréquemment pour leur conservation. Un bac assura à nouveau le passage pendant la durée des travaux qui dura six mois.

A l’approche des Prussiens en 1870, l’idée de le faire sauter fut empêchée par le gardien et péager.

Les Allemands eurent aussi l’intention de le détruire au lendemain de la bataille de Formerie étant sérieusement menacés dans la direction de Beauvais.

La perception des péages cessa le 1er avril 1890, à la charpente en bois fut alors substituée une charpente en fer. »

Le génie français fit sauter le pont à l’approche des Allemands en septembre 1914, un bac fut construit par les soldats français. Le pont provisoire reconstruit en 1918 subsista jusqu’en 1926 puis remplacé encore par un pont suspendu de nouveau détruit à l’approche des Allemands par les Français en juin 1940 puis une seconde fois avant la libération fin août 1944 par l’ennemi. Il était à chaque fois remplacé par un bac.

Notre pont actuel, construit rapidement en 1946, donna très vite des signes de fatigue, le trafic et les tonnages des véhicules augmentant. Son état obligea l’interdiction aux poids lourds de l’emprunter en 1995.

Les travaux de réparation de l’ouvrage ont été réalisés en 2010.

Une nouvelle page de l’histoire de ce pont se tourne…

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