La gare

LA GARE DE BORAN A 160 ANS

La gare de Boran fut inaugurée en 1846, quand fut mise en service la ligne de chemin de fer Paris – Creil : Partant de la gare du Nord, la ligne passait par Pontoise, l’Isle Adam, Beaumont, Boran et Saint Leu. On pouvait dès lors, aller à Paris pour 2,50 F en 3ème classe et le voyage durait 2 heures à 2 heures et demie selon les trains. Aller à Creil ne coûtait que 75 centimes et prenait 25 minutes.

Cette liaison, rapide pour l’époque, provoqua l’émigration progressive de nos compatriotes. Plusieurs d’entre eux partirent quotidiennement travailler à Creil, Persan, Pontoise, ou Paris.

A l’inverse, la belle saison apporta des promeneurs en nombre croissant, sensibles à l’attrait touristique de la vallée de l’Oise… et à la pêche à la ligne. Le trafic Voyageurs était bon à Boran…

Vint la guerre de 1870. Les troupes prussiennes occupèrent Boran et s’installèrent pour de longs mois à la gare : la population était tenue de leur fournir quotidiennement les vivres et le bois et elle était soumise à de lourdes amendes au moindre mécontentement de l’occupant.

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La paix revenue, la gare reprit son service habituel : banlieusards en semaine, touristiques les dimanches d’été…

Puis, ce fut la grande guerre. La ligne Paris – Creil par Chantilly, en service depuis 1859 était inutilisable, le viaduc de Laversine qui enjambe l’Oise ayant été détruit ; tout le trafic militaire se fit par Pontoise, Beaumont, Creil : à Boran comme sur toute la ligne, les voies étaient gardées par des « Territoriaux » que la commune nourrissait à ses frais et qui assuraient la sécurité du trafic : La gare de Boran vit passer plusieurs millions d’hommes, à destination du front de l’Aisne, de l’Oise, de la Somme et des Flandres.

Une très grosse boulangerie militaire avait été construite dans le pays, assurant le ravitaillement des combattants. Chaque jour, un train complet de pain partait de la gare de Boran à destination du front. La cour de la gare était couverte de « barraques Adrian » servant de cantonnement et de locaux administratifs.

La paix revint, les barraques Adrian disparurent et la gare reprit son aspect habituel.

L’entre deux guerres amena les dimanches d’été des flots de touristes attirés par la Plage… Il y avait à la gare du Nord des trains spéciaux Paris – Boran…

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La guerre 1939-1945 (encore une !) stoppa bien sûr cette circulation.

Le viaduc de Laversine ayant été détruit par l’aviation alliée, tout le trafic Voyageurs, Marchandises… et Militaire entre Paris et le Nord se fit de nouveau par Persan-Beaumont et Boran.

Les dommages furent réparés en 1946 et la gare de Boran resta gare de banlieue… L’automobile aidant, il n’y eut plus de trains spéciaux les dimanches d’été… Toutefois, la ligne assure toujours un important trafic Marchandises : Aujourd’hui il passe quotidiennement une centaine de convois à Boran.

Notre gare connut aussi des heures prestigieuses dans sa vie : elle eut la visite de l’Empereur Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.

En 1938 le Roi Georges VI et la Reine d’Angleterre passèrent en gare de Boran. La sécurité avait été sérieusement étudiée disent ceux qui furent témoins de l’événement.

Plus tard, l’Empereur Haïlé Sélassié, Négus d’Ethiopie passa à son tour par Boran, puis ce fut la Princesse Elisabeth et son mari le Duc d’Edimbourg.

Témoin de bien des évènements de notre Histoire, la gare de Boran fait partie du patrimoine du pays. Elle a peu changé en 160 ans et son architecture est caractéristique de la moitié du 19ème siècle.

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